Les risques psychosociaux sont un enjeu majeur de santé au travail, et la restauration collective ne fait malheureusement pas exception. Vos élus CFE-CGC sont à vos côtés au quotidien pour vous informer et vous accompagner face à des situations qui peuvent nuire à votre bien-être au travail et à votre santé. Décryptons ensemble cette problématique qui nous concerne tous.
Risques psychosociaux : de quoi parlons-nous ?
Les risques psychosociaux, souvent désignés par l'acronyme RPS, regroupent l'ensemble des situations professionnelles susceptibles de porter atteinte à votre santé mentale et physique. Les facteurs de risques sont nombreux :
- Rythme de travail intense et variable, avec pics d'activité ("coup de feu") et horaires décalés.
- Surcharge de travail et effectifs parfois insuffisants, avec nécessité de respecter des procédures strictes (traçabilité, hygiène HACCP).
- Exigences émotionnelles : relations tendues ou agressives avec la clientèle, conflits d'équipe, violences verbales ou physiques.
- Précarité des contrats, difficulté d'évolution, faible reconnaissance professionnelle.
- Travail en situation d'isolement à certains moments (fin de service, stockage, réchauffage).
- Ambiances bruyantes, multiplicité des sollicitations, ordres contradictoires et interruptions fréquentes
Dans la restauration collective notamment, la gestion de publics variés (enfants en âge scolaire, patients en établissements de santé, etc.), le respect de nombreuses contraintes (règles sanitaires, besoins nutritionnels spécifiques, rythmes scolaires ou hospitaliers), la forte saisonnalité et le recours aux travailleurs peu expérimentés chez les saisonniers peuvent être des facteurs de risques.
RPS : des chiffres préoccupants
Près d'un salarié sur deux en France est touché par la souffrance psychique au travail. Plus inquiétant encore, les jeunes travailleurs âgés de 18 à 29 ans sont particulièrement vulnérables, avec 28 % qui se déclarent en détresse psychologique selon le Baromètre 2024 d'Empreinte Humaine.
Par ailleurs, les troubles mentaux au travail ont doublé entre 2007 et 2019 selon Santé publique France. Cette augmentation spectaculaire s'explique par l'intensification du travail, le manque de reconnaissance et la pression constante des objectifs. Le burn-out, en particulier, frappe de plus en plus de travailleurs français, avec 7 % des salariés qui en souffrent de manière sévère selon l'Institut de veille sanitaire, soit environ 30 000 personnes en grande détresse psychologique.
Les conséquences sur la santé et l'entreprise
L'exposition à ces risques psycho-sociaux peut avoir des conséquences graves sur la santé des salariés, notamment en termes de maladies cardiovasculaires, de troubles musculosquelettiques, de troubles anxio-dépressifs, d'épuisement professionnel, voire de suicide.
Pour l'entreprise également, les impacts sont nombreux : absentéisme en hausse, turnover important, dégradation de l'ambiance de travail et baisse de la productivité. La prévention des RPS n'est donc pas seulement une question de bien-être pour les salariés, mais aussi un véritable levier de performance pour l'entreprise.
Comment identifier et évaluer les RPS dans votre environnement professionnel ?
L'évaluation des risques psychosociaux constitue une étape fondamentale pour les services et les entreprises. Lorsqu'une alerte est donnée, un dispositif d'investigation peut être mis en place pour recueillir la parole des salariés, analyser les situations de travail réelles et identifier les facteurs de stress et de tensions. L'objectif est de comprendre les causes profondes pour proposer des actions de prévention adaptées.
Des outils de diagnostic existent, comme RPS-DU (une grille de questionnement en 26 points pour les entreprises mono-établissement) et l'outil « Faire le point RPS » (41 questions pour les structures multi-établissements). Ces outils permettent d'établir un état des lieux objectif de la situation. Ils sont les prérequis pour pouvoir protéger et prévenir.
Prévenir plutôt que guérir : les actions possibles
Selon l'article L. 4121-1 du Code du travail. l'employeur est tenu d'évaluer les risques liés au travail, y compris psychosociaux, et prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité, protéger la santé physique et mentale de ses salariés.
La prévention des risques psychosociaux passe par une démarche de réflexion sur le travail et son organisation. Puis par la mise en place de modes d'organisation favorables à la santé : travail en équipe, utilisation optimale des compétences, organisation souple, participation des salariés aux décisions qui les concernent.
Pourtant, seulement 39 % des entreprises accordent du temps à la sensibilisation et à la prévention des risques psychosociaux selon le Baromètre Empreinte Humaine. Il reste donc beaucoup à faire pour développer une véritable culture de prévention, et les élus peuvent être des appuis pour mettre en place ces démarches.
Le rôle essentiel des élus et des représentants du personnel
En tant qu'élus CFE-CGC Restauration collective, nous sommes en première ligne pour détecter les signaux d'alerte, recueillir vos témoignages et agir auprès de la direction. Notre rôle est d'accompagner la mise en place de démarches de prévention efficaces et durables, en veillant à ce que la parole de chacun soit entendue. Nous avons conscience que la tâche est grande !
Les élus face aux RPS : vigilance sur leur propre santé
Et si vos élus CFE-CGC sont en première ligne face aux risques psychosociaux, ils n'en sont pas exempts pour autant. Bien au contraire. En tant que représentants du personnel, ils gèrent une triple charge : leurs problèmes personnels comme tout un chacun, leurs propres difficultés professionnelles, et les problèmes de l'ensemble des salariés qu'ils accompagnent. Cette accumulation de responsabilités peut avoir un impact considérable sur leur santé mentale. Une étude récente du cabinet Secafi révèle que 71 % des élus CSE ont été confrontés à des situations de violences psychologiques, et 79 % affirment avoir dû cacher leurs émotions dans l'exercice de leur mandat. De plus, 70 % des représentants du personnel constatent une augmentation de leur charge de travail liée à leurs mandats depuis la crise sanitaire. Cette réalité, longtemps restée un angle mort de la prévention des RPS selon Empreinte Humaine, nous rappelle qu'un élu en bonne santé mentale et physique est plus à même d'aider efficacement les autres. Prendre soin de soi n'est pas un luxe mais une nécessité pour pouvoir remplir pleinement sa mission auprès des salariés. Il est essentiel que nos élus sachent s'écouter, reconnaître leurs propres limites et ne pas hésiter à solliciter du soutien lorsque nécessaire.
Si vous êtes confronté à une situation de stress, de harcèlement, de burn-out ou de toute autre forme de souffrance au travail, n'hésitez pas à en parler. Vos élus CFE-CGC sont là pour vous écouter, vous conseiller et vous accompagner. Ensemble, nous pouvons construire des environnements de travail plus sains et plus respectueux de chacun.
